Histoire du tramway à Saint-Avold

La ligne de tramway électrique de Saint-Avold, mise en service en 1910, assure jusqu’en 1944 la liaison entre la gare de Saint-Avold et le centre-ville. D’une longueur d’environ 2,8 km, elle prenait en charge le transport des personnes et des colis postaux, avec toutefois une période d’interruption pendant la 2nde Guerre Mondiale, de 1939 à 1943.


Les problèmes de liaison entre la gare de Saint-Avold et le centre-ville

La ligne de chemin de fer Metz-Saint-Avold-Forbach est mise en exploitation dans les années 1851-1852. La gare est implanté sur le territoire de la commune de Valmont. Son éloignement du centre-ville est du à des impératifs techniques liés au relief du terrain et au moindre coût de l’aménagement de la voie. Ce choix est très critiqué par les différentes municipalités de l’époque et considéré comme une erreur de décision.

La liaison routière entre ces deux points éloignés est très difficile à emprunter pour les piétons et les convois hippomobiles en raison d’une forte inclinaison de la route. Cet inconvénient est d’autant plus gênant en hiver et la liaison routière est rapidement inadaptée au trafic lié à l’activité économique grandissante et aux besoins de transport croissant entre la gare et la ville provenant de l’importante garnison allemande regroupée en ville.

C’est pour cela que vient à l’esprit l’idée de construire un chemin de faire local entre la ville et la gare. Les altitudes respectives des deux points, 235 mètre et 259 mètres, n’auraient causé aucun problème si, à mi-distance, ne s’élevaient les hauteurs du Wenheck qui, avec leurs 300 mètres d’altitude, constituent un obstacle infranchissable pour une rame avec traction à vapeur classique.

En 1897, Karl Francke de Brême demande l’autorisation de construire une usine à gaz et une d’électricité, ainsi qu’une ligne de tramway pour desservir la gare, mais il doit abandonner le projet en raison de difficultés techniques et financières en 1903.

En attendant de trouver une solution, le Conseil Municipal, pour qui ce sujet est le principal depuis plusieurs années, met en place le 1er Mars 1907 un service de transport routier de liaison entre le centre-ville et la gare. Un omnibus pouvant contenir 6 personnes est donc obligé d’exécuter le voyage régulièrement, quel que soit le temps. Le cas échéant, en période d’enneigement, un traîneau doit être utilisé.

Au bout de maintes et maintes négociations, la solution d’un tramway électrique est retenue. Pour le Naboriens vivant au début du siècle, sa construction représente l’application la plus spectaculaire de l’énergie électrique, bien avant l’usage domestique comme l’éclairage. Cela marqua profondément les esprit.


Le tramway électrique de 1910 à 1939


La Ville de Saint-Avold prend maintenant la décision d’exploiter une ligne de tramway électrique à voie métrique d’une longueur totale de 2,870 km, reliant le centre-ville de Saint-Avold à la gare, avec l’accord de l’Empereur Guillaume II. Cette ligne aura pour but de transporter des personnes et des colis postaux.

Le 15 janvier 1909, la firme Bergmann Elektrizitäts-Werke est officiellement responsable de la construction de la ligne pour le montant approximatif de 181 000 Marks ( = environ 92 540 €). De plus, 25 000 ( = environ 12 780 € ) Marks sont prévus pour la pose de câble électriques.

Le matériel roulant, constitué de deux motrices et de deux baladeuses est fourni par Maschinenfabrik Augburg-Nümberg début 1910. Une troisième motrice est livrée un an plus tard.

La mise en route effective du tramway a eut lieu le 7 février 1910. Deux jours avant, durant le trajet inaugural, il se produit un incident technique au niveau du fusible mais un fusible plus puissant est monté par la suite.

L’aménagement de l’ensemble des installation a coûté 260 000 Marks ( = environ 132 930 € ).

Le trajet du tramways débute sur la place du marché, en passant par la ferme du Wenheck, pour finir à la gare de Saint-Avold.

La vitesse moyenne d’une contenant 65 voyageurs est entre 12 et 30 km/h. Donc, le trajet de la place du Marché à la gare dure environ 8 minutes.

Des abris métalliques pour les voyageurs sont installés aux différentes haltes, soit à l’arrêt à proximité du casino de Uhlans, carrefour Schumann, au Wenheck et au terminus de la gare.

Durant la guerre, en cas de nécessité, le tramway portait les militaires malades et blessés entre la gare et l’hôpital d’évacuation.

Le 12 décembre 1917, un contremaître, Joseph Malorny, est victime d’un accident qui lui coûta la vie. Seul à bord de la baladeuse n°21, il perd le contrôle du véhicule qui dévale à grande vitesse la pente vers la gare, déraille dans la dernière courbe et s’écrase entièrement disloquées, sur les voies du chemin de fer près de la gare.

Après le retour de la Moselle à la France en 1918, la Ville de Saint-Avold est autorisée à continuer l’exploitation de sa ligne de tramway. Le noms des rues redeviennent français : la place du marché ( Marktplatz ) devient la place de la victoire, la rue de la gare devient la rue du 27 Novembre.

D’importants travaux de réparation sont organisés à différentes époques, comme par exemple en 1929 et 1934 sur la voie et dans le dépôt-atelier.

Deux incidents techniques provoquent une interruption de l’alimentation du tramway en courant électrique et entraînent l’arrêt complet de l’exploitation du tramway, l’un début 1937 et l’autre début 1938.

A partir des années 1931-1932, l’exploitation du tramway connaît un forte régression. Ce qui entraîne une baisse du nombre de voyageurs, 8 000 personnes pour les trois premiers mois de 1932, une augmentation du prix des billets et une réduction du nombre de trajets journaliers.

Arrêt de l’exploitation, de 1939 à 1943

Le 1er septembre 1939, l’exploitation est interrompue suite à la déclaration de guerre et la fuite de la population naborienne. Le dernier service rendu par le tramway consiste à ramener les habitants vers la gare où ils sont embarqués dans des trains qui les ramènent dans des régions d’accueil.

En automne 1940, les Naboriens de retour, l’Allemagne refuse de remettre en service la ligne de tramway à cause des importants dommages subis durant 1939 et 1940 mais assure la liaison avec la gare au moyen de deux autobus.

En 1942, la pénurie de carburant et l’important approvisionnement des véhicules de l’Armée pousse les autorités allemandes à reprendre l’exploitation du tramway.

Exploitation du tramway en 1943

La décision de remettre en service le tramway est vite prise.

Toute la ville est mis à la disposition du tramway afin de le faire les réparations et le remettre en service.

Suite aux réparations, la ligne de tramway marche de nouveau normalement durant toute l’année, en parallèle d’un service d’autobus a destination de Carling et de l’ancien hôpital militaire.

La fin du tramway en 1944

Le 23 septembre 1944, le tramway est définitivement abandonné à cause des dégâts produits lors de la libération de la ville. Les installations sont progressivement retirées.

En 1948, le Conseil Municipal décide de remplacer le tramway par un réseau d’autobus.

En mars 1952, les rails à gorge du tramway, gênant la circulation des voiture, sont enlevés.

Le dépôt-atelier du Wenheck est démoli en août 1990, après diverses fonctions, pour laisser place au supermarché LIDL.